Evolution des espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF)

Dans un contexte mondial où l’artificialisation et la fragmentation des espaces naturels, agricoles et forestiers (NAF) constituent parmi les principales causes d’érosion de la biodiversité, cette étude doit permettre d’identifier les évolutions d’occupation du sol intervenues sur le littoral régional durant les trente dernières années, de mieux comprendre les dynamiques spatiales et fonctionnelles passées, en cours ou à venir et d’accompagner les territoires pour limiter la consommation d’espaces et l’artificialisation du littoral dans le futur et préserver les continuités écologiques.

 

Contexte

A l’échelle mondiale, comme à l’échelle locale, l’artificialisation et la fragmentation des espaces naturels, agricoles et forestiers (dits « espaces NAF ») figurent parmi les principales causes d’érosion de la biodiversité, en entraînant la dégradation ou la disparition des milieux de vie de la faune et de la flore, et des continuités écologiques qui permettent à la faune de se déplacer.

Du fait de leur forte attractivité, les territoires littoraux de la Nouvelle-Aquitaine sont particulièrement soumis aux pressions démographiques et foncières ainsi qu’à des changements de pratiques et d’usages des sols. Ainsi, près de 6 300 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers, soit une augmentation de 10.8%, ont été artificialisés entre 2000 et 2009 en ex-Aquitaine (GIP Littoral, 2014). Cette consommation d’espaces naturels fragilise d’autant plus l’équilibre des écosystèmes et la pérennité des services rendus par ces milieux, qu’ils sont soumis à d’autres pressions, tels que les changements climatiques ou l’introduction des espèces exotiques envahissantes.

 

Quels sont les objectifs de l’étude ?

L’étude doit permettre dans un premier temps d’acquérir et de capitaliser des connaissances sur les espaces NAF du littoral pour mieux comprendre les mécanismes d’artificialisation passés et à l’œuvre sur le littoral régional, et anticiper les évolutions possibles de ces espaces NAF littoraux.

Elle vise également à mutualiser et diffuser ces connaissances aux territoires en vue de favoriser une gestion économe de l’espace, par une prise en compte accrue des espaces NAF, de la biodiversité et des fonctionnalités écologiques dans la réflexion et la planification à l’échelle des territoires.

 

Comment est-elle organisée ?

Le périmètre d’étude concerne l’ensemble des SCOT littoraux de Nouvelle-Aquitaine, soit une surface d’environ 13 000 km².

D’une durée de trois ans, ce projet bénéficie de la participation financière de la Région, de l’Etat et du FEDER.

Le projet se décompose en deux phases aux objectifs complémentaires :

  • La première, dite « rétrospective », vise à réaliser la cartographie de l’occupation du sol historique à partir de photographies aériennes anciennes pour disposer d’une base commune et objective, permettant de mettre en évidence et de quantifier les évolutions intervenues depuis le milieu des années 1980. Cette donnée d’entrée est nécessaire pour suivre les changements passés d’occupation du sol et comprendre les mécanismes d’artificialisation des espaces littoraux durant les trente dernières années. Elle constitue un préalable indispensable pour le travail de planification mené à l’échelle des territoires, SCOT en particulier.
  • La seconde, dite « prospective », constitue, sur la base des connaissances acquises, un outil d’aide à la réflexion et la décision pour mieux comprendre les changements d’occupation du sol à l’œuvre, imaginer et anticiper les évolutions possibles des espaces NAF. La cartographie historique va être comparée aux données récentes, pour identifier les milieux les plus affectés par les changements d’occupation des sols, ceux qui au contraire se maintiennent à travers le temps, les contextes dans lesquels la consommation de l’espace a été la plus importante, les répercussions en matière de préservation de la biodiversité et des continuités écologiques, etc. Cette analyse vise à fournir aux territoires des éléments pour leur permettre de se projeter sur les évolutions à venir et de mieux prendre en compte ces espaces NAF dans leurs documents de planification et d’aménagement afin de limiter, dans le futur, la consommation d’espaces, l’artificialisation du littoral et l’érosion de la biodiversité.