Evolution des espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF)

 

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Le littoral de Nouvelle-Aquitaine présente des spécificités marquées, tant sur le plan de sa biodiversité que de son attractivité et concentre les enjeux, aussi bien en termes écologiques que démographiques, fonciers ou économiques. Pour répondre à un besoin de connaissance plus fine et accompagner ses membres dans leur gestion économe de l’espace, le GIP Littoral a lancé, en 2018, une étude sur l’évolution des espaces naturels, agricoles et forestiers du littoral régional depuis le milieu des années 1980.

 

Contexte

A l’échelle mondiale, comme à l’échelle locale, l’artificialisation et la fragmentation des espaces naturels, agricoles et forestiers (dits « espaces NAF ») figurent parmi les principales causes d’érosion de la biodiversité, en entraînant la dégradation ou la disparition des milieux de vie de la faune et de la flore, et des continuités écologiques qui permettent à la faune de se déplacer.

Du fait de leur forte attractivité, les territoires littoraux de la Nouvelle-Aquitaine sont particulièrement soumis aux pressions démographiques et foncières ainsi qu’à des changements de pratiques et d’usages des sols. Le territoire des schémas de cohérence territoriaux (SCOT) littoraux accueille 55% de la population totale de Nouvelle-Aquitaine, avec une projection à presque 1,4 millions d’habitants à 2040 (étude démographie GIP Littoral, 2020). La progression des surfaces artificialisées aux dépens des espaces naturels, agricoles et forestiers est de l’ordre de 43% sur la période 1985-2015 (phase 1 étude ENAF, GIP Littoral, 2020). Or, au-delà de leur rôle capital pour la biodiversité, les espaces NAF sont vitaux pour le maintien des populations humaines sur un territoire puisqu’ils assurent de très nombreux services qui nous sont indispensables et dont la valeur est difficilement estimable :

  • services de régulation (atténuation inondations, limitation de l’érosion, maintien et stabilisation des dunes, purification de l’eau et de l’air, dépollution des sols, atténuation des îlots de chaleur, pollinisation…),
  • services d’approvisionnement (nourriture, bois, eau douce, fibres, combustibles, matériaux de construction…),
  • services culturels et esthétiques (cadre de vie agréable et de qualité, tourisme, bien-être)…

Ainsi, au-delà de leur rôle indispensable pour l’accueil de la faune et de la flore, les espaces NAF constituent le support de l’attractivité et de l’économie régionale (agriculture, sylviculture, aquaculture, tourisme…) et leur dégradation a des répercussions sur l’ensemble des filières, les paysages et le cadre de vie.

Cette consommation d’espaces naturels fragilise d’autant plus l’équilibre des écosystèmes et la pérennité des services rendus par ces milieux, qu’ils sont soumis à d’autres pressions, tels que les changements climatiques ou l’introduction des espèces exotiques envahissantes.

 

L’étude ENAF : mieux comprendre et accompagner les évolutions des espaces naturels, agricoles et forestiers du littoral régional

Face à ce constat, pour mieux prendre en compte et préserver les espaces NAF, il est indispensable de mieux les connaître et de comprendre les dynamiques dont ils font l’objet. Le regard que l’on porte sur les espaces NAF doit évoluer pour trouver des points d’équilibre entre développement des territoires, réduction de l’artificialisation et préservation des espaces NAF.  Dans ce contexte, le GIP Littoral accompagne les territoires dans leurs réflexions en leur fournissant des données objectives pour mieux connaître leurs espaces NAF et alimenter les réflexions, en particulier lors de l’élaboration des documents de planification.

L’étude doit permettre, sur le territoire des SCOT littoraux de Nouvelle-Aquitaine (environ 13 000 km²), d’acquérir et de capitaliser des connaissances sur les espaces naturels, agricoles et forestiers depuis le milieu des années 1980 pour mieux comprendre les mécanismes d’artificialisation passés et à l’œuvre sur le littoral régional, et anticiper les évolutions possibles de ces espaces NAF.

Elle vise également à mutualiser et diffuser ces connaissances aux territoires en vue de favoriser une gestion économe de l’espace, par une prise en compte accrue des espaces NAF, de la biodiversité et des fonctionnalités écologiques dans la réflexion et la planification à l’échelle des territoires.

D’une durée de trois ans, ce projet bénéficie de la participation financière de la Région, de l’Etat et de l’Europe (FEDER).

 

Premiers résultats

Production de la cartographie d’occupation du sol pour le millésime 1985

La cartographie de l’occupation du sol historique a été produite entre octobre 2018 et mai 2020 à partir de photographies aériennes anciennes, dans le respect du référentiel régional d’occupation du sol. Cette donnée constitue une base commune et objective, pour identifier, quantifier et suivre les évolutions intervenues dans l’occupation du sol depuis le milieu des années 1980. Nécessaire pour comprendre les mécanismes d’artificialisation des espaces littoraux durant les trente dernières années, il s’agit d’un appui important pour le travail de planification mené à l’échelle des territoires, SCOT en particulier.

L’occupation du sol historique du littoral régional est consultable ci-dessous ainsi que sur la plateforme régionale PIGMA en visualisation et mise à disposition gratuitement pour l’ensemble de la sphère publique via la signature d’une convention partenariale avec le GIP ATGeRi.

Traitement statistique des données historiques et récentes

Un premier niveau de traitement statistique, d’analyses et de restitution des données cartographiques a été réalisé à l’échelle du littoral régional, départemental, des EPCI et des SCOT littoraux. Ces traitements ont permis de mettre en avant un certain nombre de facteurs tels que les surfaces occupées par chaque type d’occupation du sol et leurs évolutions, l’origine des postes artificialisés ou les vitesses d’évolutions, pour les millésimes 1985, 2009 et 2015. Les livrables concernés sont disponibles sur simple demande auprès du GIP Littoral.

 

Poursuite de l'étude

Dans la seconde phase de l’étude, l’analyse fine de la donnée d’occupation du sol historique à d’autres échelles (entités éco-paysagères, distance au littoral, zonages de protection et d’inventaire de la biodiversité…) et la comparaison avec les données récentes (millésimes 2009 et 2015) vont permettre de mieux comprendre les facteurs d’évolution des espaces naturels, agricoles et forestiers du littoral régional depuis le milieu des années 1980 et d’anticiper les évolutions futures sur les territoires littoraux. Ces analyses permettront de mettre en évidence et d’approfondir les impacts de l’évolution des espaces naturels, agricoles et forestiers, en termes de biodiversité, de fonctionnalités écologiques ou de services écosystémiques et les répercussions induites sur les territoires. L’objectif est d’identifier les situations qui doivent appeler à la vigilance des territoires, et de les accompagner pour mieux comprendre le rôle des espaces NAF et l’intérêt de préserver les écosystèmes.