Des travaux d’urgence en cohérence avec les orientations locales

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L’île d’Oléron est engagée dans une stratégie locale de gestion de la bande côtière (SLGBC) depuis 2021. A ce titre, elle porte un programme d’intention qui a été rallongé jusqu’en fin d’année 2026 visant à gérer l’érosion et à porter des actions de prévention des risques. La phase opérationnelle, amendée par des études complémentaires en 2025 et 2026 (analyse comparative des choix de gestion) donnera naissance à une nouvelle feuille de route à partir de 2027. 

Les stratégies locales ont pour ambition d’assurer une gestion intégrée de la bande côtière, articulée avec la problématique de la submersion marine, selon des horizons temporels différenciés (court, moyen et long terme), afin de mieux prendre en compte les effets du changement climatique.

Les politiques engagées dans le cadre des SLGBC visent à anticiper le phénomène d’érosion et à adapter les territoires littoraux en conséquence. Toutefois, les événements tempétueux récents illustrent les difficultés persistantes de gestion et le caractère parfois imprévisible de ces phénomènes, malgré un niveau de connaissance avancé, notamment grâce à la présence d’observatoires locaux et régionaux (OCNA).

La Communauté de communes de l’île d’Oléron, qui assure l’animation de la SLGBC, s’est appuyée sur l’analyse des projections du trait de côte pour élaborer son programme d’actions. Les projections initiales anticipaient une érosion significative à l’horizon 2030. Or, les effets conjugués des tempêtes récentes et de l’élévation du niveau de la mer ont déjà entraîné un recul du littoral pouvant atteindre 25 mètres sur certains secteurs, soit une avance d’environ cinq ans par rapport aux prévisions. Par ailleurs, plusieurs ouvrages de protection ont été endommagés par ces épisodes tempétueux, soulignant la vulnérabilité persistante du territoire.

Un ouvrage de défense innovant de par son caractère modulable et démontable, à partir de gabions souples pour protéger des bassins d’infiltration face à l’érosion
Pour éviter toute intrusion d’eau de mer dans le système de lagunage et prévenir les risques de pollution et de dysfonctionnement, la collectivité à réaliser des travaux d’urgence pour sécuriser la lagune de Trillou. Cette infrastructure essentielle assure l’infiltration et le retour au milieu naturel des eaux traitées et désinfectées par la station d’épuration de Grand-Village. L’option d’une protection temporaire et repositionnable sur 600 mètres linéaires a été retenue. Ce chantier de 620 000 € HT, financé à parts égales par la CdC et Eau 17 (en charge de la politique publique de l'eau en Charente-Maritime) témoigne de l’engagement des acteurs locaux et s’inscrit dans une logique transitoire. À terme, les eaux traitées seront connectées à l’exutoire en mer de la station d’épuration de La Cotinière, un projet prévu d’ici cinq ans (études, autorisations et travaux inclus). En attendant, ces travaux sont indispensables pour garantir la continuité du service public et la protection de l’environnement. 

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Des travaux d’urgence sur la digue de la Gautrelle pour répondre au glissement de l’ouvrage post tempête 2025/2026
Les tempêtes ont également endommagé la digue de la Gautrelle, à Saint-Georges d’Oléron, qui fait l’objet de travaux d’urgence et de reprise des enrochements. L’opération consiste à recréer le corps de digue sur un linéaire d’environ 35m, à reprendre le talus avec la pose d'un géotextile et de faire une carapace en enrochement.  La reprise de l’enrochement doit tenir compte d’un abaissement de la hauteur de la digue (passant de 6 m à 5 m NGF). Le rétro littoral étant situé en zone basse, cet ouvrage présente une double utilité : gestion de l’érosion et protection contre la submersion.  

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La collectivité réalise actuellement un travail de bilan portant sur les 5 années de gestion du trait de côte et sur le de développement de son programme d’actions évalué à près de 700 000 euros (hors coût de travaux d’urgence).