Le GIP Littoral partage l’expérience néo-aquitaine de l’adaptation au recul du trait de côte lors d’un colloque international
Le 14 octobre 2026, le GIP Littoral en Nouvelle-Aquitaine a participé au colloque international « Risques littoraux : comprendre, adapter, agir », organisé à Carentan-les-Marais (Manche) par l’Ordre Mondial des Experts Internationaux (OMEI). L’occasion de partager l’expérience régionale en matière de gestion de la bande côtière et d’adaptation des territoires littoraux, en s’appuyant notamment sur la trajectoire d’adaptation du front de mer de Biscarrosse.
Un colloque pour croiser les expertises sur l’adaptation des littoraux
Réunissant chercheurs, élus, techniciens des collectivités, services de l’État, juristes et experts de différents horizons, pendant trois jours, les échanges ont porté sur les dynamiques d’érosion, les stratégies de protection et d’adaptation, les solutions fondées sur la nature, les responsabilités juridiques, les modalités de gouvernance ainsi que les enjeux de financement et d’acceptabilité sociale.
La Nouvelle-Aquitaine : une expérience régionale au service des stratégies locales
À cette occasion, le GIP Littoral est intervenu lors d’une conférence consacrée à la « Responsabilité du bâti laissé à la mer », aux côtés de Raphaële Antona-Traversi, avocate associée au cabinet Coudray. Cette intervention a permis de présenter l’organisation mise en place en Nouvelle-Aquitaine pour accompagner les collectivités dans la gestion du recul du trait de côte, depuis la stratégie régionale adoptée en 2012 jusqu’à sa déclinaison opérationnelle dans les stratégies locales de gestion de la bande côtière (SLGBC). En 2026, 14 stratégies locales sont engagées sur le littoral régional.
Le GIP Littoral a notamment présenté les différents modes de gestion mobilisables selon les enjeux territoriaux menacés. La réponse au recul du trait de côte est nécessairement plurielle et évolutive. Elle repose sur une combinaison de ces modes de gestion, articulés dans le temps, permettant de répondre aux situations d’urgence tout en préparant, sur le temps long, les projets d’adaptation et de relocalisation des biens, des activités et des infrastructures.
Biscarrosse : un exemple concret de recomposition du littoral
Engagée à la suite des tempêtes de l’hiver 2013-2014, la réflexion territoriale a progressivement conduit à privilégier une trajectoire d’adaptation reposant sur la réduction de l’exposition des biens, la renaturation du cordon dunaire et la transformation des aménagements du front de mer, plutôt que sur la construction d’ouvrages de protection en dur.
Une première opération de renaturation a ainsi été réalisée en 2025 au nord du front de mer, avec notamment la suppression d’un rond-point et le déplacement de commerces et d’équipements situés sur le domaine public. D’autres interventions sont programmées sur la période 2026-2028, parmi lesquelles l’acquisition et la démolition de biens privés menacés, la poursuite de la renaturation dunaire et la requalification des espaces publics.
Ce projet illustre l’importance d’une volonté politique affirmée et montre également l’intérêt de l’anticipation pour limiter les situations dans lesquelles des bâtiments menacés pourraient être laissés à la mer, avec les conséquences humaines, environnementales, juridiques et financières qui peuvent en découler.
Anticiper et assumer les choix d’intervention publique
La gestion de l’érosion côtière relève d’une compétence facultative des collectivités, comme l’a récemment rappelé le tribunal administratif de Lille dans son jugement du 1er juillet 2026 (n° 2309804). Si les collectivités peuvent intervenir pour prévenir les effets du recul du trait de côte, elles ne sont pas tenues d’assurer la protection systématique des biens privés menacés. Il leur appartient donc de définir et de justifier leur périmètre d’intervention au regard de l’intérêt général, des enjeux territoriaux et des priorités locales. Cette responsabilité implique des choix politiques assumés, tant sur les secteurs où la collectivité décide d’agir que sur ceux où elle choisit de ne pas intervenir.
L’inaction ne peut constituer une stratégie viable : différer les décisions peut accroître les dommages ainsi que les coûts futurs. À l’inverse, l'anticipation permet de mieux maîtriser les dépenses publiques et d'organiser progressivement les transformations nécessaires.
Ces enseignements confortent l’approche portée par le GIP Littoral depuis plus d’une décennie : accompagner les collectivités dans la définition et la mise en œuvre de trajectoires d’adaptation articulant gestion des risques, aménagement et planification territoriale.