Retour sur l’événement SMART Coast organisé au Pays Basque
Les 16 et 17 septembre 2026, le GIP Littoral a accueilli à Ciboure et sur le littoral basque le deuxième événement du projet européen SMART Coast. Partenaires français, espagnols, portugais et irlandais ont partagé les premières avancées des actions pilotes et leurs méthodes pour mieux connaître, organiser et accompagner la fréquentation des espaces littoraux.
Un an après le lancement du projet
Porté par le GIP Littoral, SMART Coast réunit neuf partenaires bénéficiaires et quatorze partenaires associés issus de quatre pays de l’Espace atlantique. Cofinancé par l’Union européenne dans le cadre du programme Interreg Espace Atlantique (Axe 3 : Tourisme), le projet se déroule de juillet 2025 à décembre 2027. Il vise à produire des connaissances et des outils opérationnels pour mieux comprendre et gérer les flux de visiteurs, tout en conciliant l’accès au littoral, la préservation des milieux et la qualité de vie des territoires.
La rencontre s’est ouverte au CIAP Les Récollets en présence d’Eneko Aldana-Douat, maire de Ciboure, de Jean-François Irigoyen, maire de Saint-Jean-de-Luz, de Peio Abeberry, vice-président de la Communauté d’Agglomération Pays Basque, et d’Henri Sabarot, président du GIP Littoral. Les partenaires SMART Coast ont ensuite présenté les avancées du projet autour d’une même logique : produire de la connaissance sur le sujet, expérimenter des solutions sur le terrain et favoriser leur transfert vers d’autres territoires.
Des retours d’expérience pour éclairer l’action
La table ronde Réguler les flux ou transformer les comportements a croisé les expériences de différents territoires : Le Porge en Gironde, Piélagos en Cantabrie, Plomeur en Bretagne et des Maharees en Irlande. Malgré des contextes différents, les échanges ont fait ressortir plusieurs besoins communs : disposer de données fiables sur les usages, organiser les accès et les mobilités, informer les visiteurs en amont et sur site, et associer durablement collectivités, gestionnaires, acteurs touristiques, associations et habitants.
Les interventions ont également rappelé que la mesure des flux reste un outil d’aide à la décision. Son utilité dépend de la capacité des territoires à traduire les données recueillies en choix d’aménagement, en alternatives à la voiture et en actions adaptées aux pratiques locales. Les dispositifs techniques doivent donc s’inscrire dans une stratégie plus large d’accueil, de préservation et de gouvernance du site.
Huit actions pilotes mises en discussion
Les huit actions pilotes de SMART Coast portent sur trois leviers complémentaires : la mesure des flux, l’information et la sensibilisation, et les mobilités. Les présentations ont permis de suivre des expérimentations déjà engagées en Gironde et au Pays Basque, une navette estivale testée dans les Maharees, des systèmes de suivi déployés à Piélagos, ainsi que des démarches en cours en Galice, aux Açores, en Algarve et à l’échelle de la région de Cantabrie.
Le 17 septembre, les partenaires se sont retrouvés à la Tour Bordagain (Ciboure) pour dresser un bilan partagé après un an de mise en œuvre. Les ateliers ont porté sur les réussites, les difficultés et les solutions envisagées pour chaque pilote, ainsi que sur la future boîte à outils du projet. Plusieurs enjeux structurent désormais la prochaine phase : passer du diagnostic et des prototypes à des solutions opérationnelles, évaluer leurs effets, enregistrer leurs résultats, consolider les coopérations locales et préparer leur adaptation à d’autres territoires.
Des visites au plus près des réalités du littoral basque
Les visites de terrain ont donné une traduction concrète aux échanges de la matinée. À Erretegia, à Bidart, les participants ont découvert la renaturation du site : recul du stationnement et de la voirie, restauration de la prairie littorale, suppression d’enrochements et reconnexion du ruisseau à l’océan. Cet exemple montre comment la gestion des usages peut être intégrée à la restauration des milieux et à la prise en compte du recul du trait de côte.
À Erromardie, à Saint-Jean-de-Luz, la présentation du projet de réaménagement durable a mis l’accent sur la réduction de la place de la voiture en front de mer, le développement des mobilités actives et collectives, la renaturation des espaces et le recours à des équipements réversibles. Le projet s’inscrit dans une démarche plus large d’adaptation du littoral nord de Saint-Jean-de-Luz et de repli progressif des aménagements exposés.
La coopération se poursuit jusqu’en 2027
Cette deuxième rencontre a permis de relier les travaux européens aux démarches conduites en Nouvelle-Aquitaine dans le cadre de Littoral 2030, feuille de route opérationnelle et globale du GIP. Elle confirme l’intérêt d’une coopération fondée sur l’expérimentation, l’évaluation et le partage de méthodes entre territoires atlantiques.
Les prochains mois seront consacrés à la poursuite des actions pilotes, à leur évaluation et à la capitalisation des enseignements. L’objectif est de mettre à disposition des collectivités et des professionnels des outils pouvant être adaptés à différents contextes littoraux, sans perdre de vue les caractéristiques propres à chaque site.
Pour en savoir plus
Le site du projet SMART Coast : www.smartcoast.eu