Un chantier d’ampleur pour répondre aux effets de l’érosion côtière à Soulac-sur-Mer et protéger les enjeux concernés

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Vue aérienne rechargement expérimental

Les rechargements : un choix de gestion objectivé et en cohérence avec les phénomènes d’érosion marine, socle de la stratégie locale de gestion de la bande côtière.

Le littoral Sud de Soulac-sur-Mer est sujet à des phénomènes d’érosion marine parmi les plus intenses des côtes françaises avec des taux d’érosion pouvant atteindre de -4 à -6 m/an en moyenne (près de 30m sur certains secteurs pendant l’hiver 2013- 2014) et pouvant mettre en péril une route départementale et des zones urbanisées. 

Afin de faire face à cette problématique érosive chronique, la Communauté de Communes Médoc Atlantique (CCMA) s’est dotée, en 2018, d'une stratégie locale de gestion de la bande côtière. Les études techniques préalables ont démontré qu’entre le secteur sud Signal et les dunes de l’Amélie, la lutte active souple contre l’érosion marine par des techniques de rechargement était le mode de gestion le plus pertinent. 

Ce choix de gestion a été validé collégialement dans le cadre de la stratégie locale et objectivé par des analyses coûts bénéfices au regard des dommages évités et des impacts environnementaux. La somme des enjeux soumis à l’érosion sur ces secteurs a ainsi justifié l’intérêt d’intervention de la puissance publique.

Ces rechargements sont des actions dites souples, moins impactantes sur les dynamiques hydro-sédimentaires et environnementales que la lutte active dure, et moins coûteuses pour la collectivité. 

Depuis 2018, des opérations de rechargements mécaniques sont donc menées afin de rééquilibrer le stock de sable des plages Sud de Soulac-sur-Mer.  En moyenne, ce sont 60 000 m3 extraits annuellement de la plage Centrale et déposés entre le secteur sud du Signal et les dunes de l’Amélie. Ces rechargements en sable ont permis de réduire les taux de recul, mais il a été néanmoins constaté une insuffisance des rechargements mécaniques printaniers pour traiter toute la zone en érosion.

Le renforcement des opérations de lutte active souple, justifié par le retour d’expériences, dans le deuxième programme d’actions (2023-2028) de la stratégie locale. 

Le retour d’expérience et les études complémentaires menées dans le cadre de la mise en œuvre du 1er programme d’actions (2018-2022), montrent que ces apports réguliers ont permis de réduire les taux de recul par 3 du trait de côte, sans pour autant réussir à sécuriser les enjeux présents sur un linéaire de 2km. 

Dès lors, la question du renforcement des rechargements a été interrogé dans la 2ème génération de stratégie de manière à continuer à privilégier ce mode de gestion. De nouveaux scénarios ont été étudiés. Les analyses réalisées ont permis d’aboutir à la poursuite de la lutte active souple par rechargements mécaniques annuels et un test d'un rechargement hydraulique de 200 000 m3 à partir des sables de l’estuaire de la Gironde, en partenariat avec le grand port maritime de Bordeaux (GPMB), afin de ralentir l’érosion très importante sur ce secteur du littoral, et de rendre ainsi possible et soutenable la mise en œuvre des deux autres modes de gestion sur le moyen/long terme. 

Le rechargement hydraulique des plages issu du dragage de l’estuaire : une opportunité pour le territoire, articulée à d’autres actions de gestion et d'anticipation. 

Dans une phase exploratoire de mise en œuvre et pour s’assurer de la réussite du projet, la CCMA a souhaité réaliser un premier rechargement hydraulique à hauteur de 200 000m3 (arrêté préfectoral d’autorisation environnementale obtenu le 28 février 2023). 

Cette action de rechargement hydraulique (dragage des sables de la passe d’entrée au nord-est du phare de Cordouan, transport par voie maritime puis refoulement sur les plages par des conduites immergées et terrestres) a démarré fin février 2026 avec la livraison des conduites.

Le dragage (par le biais de 2 dragues aspiratrices en marche - DAM) et le rechargement (via les conduites) ont démarré le 7 avril 2026 avec 3 semaines de chantier (24 heures sur 24, 7 jours sur 7).

Drague aspiratrice en marche

Les travaux sont portés par la Communauté de Communes Médoc Atlantique (CCMA) pour un montant de 2 941 605 €HT co-financé, dans le cadre de la stratégie locale, par les fonds européens FEDER (1 177 230,30 €HT soit 40,02%), des fonds d’Etat AFIFT (154 728,42 €HT soit 5,26%) et des fonds de la Région Nouvelle-Aquitaine (334 754,64 €HT soit 11,38%). Le reste est pris en charge par la CCMA dans le cadre de sa compétence GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations).

En parallèle la CCMA, mène d’autres actions de gestion et d'anticipation au titre de la stratégie locale :

  • Réduction de la vulnérabilité des biens à l’aléa érosion par la suppression/repli/relocalisation d’enjeux ponctuels sur les plages Sud de Soulac-sur-Mer (campings, colonie de vacances, quelques biens privés isolés). La plupart des actions fléchées ont été contractualisées dans le cadre du Projet partenarial d'aménagement (PPA) signé avec l'Etat en 2026.
  • Maintenir la fonctionnalité des ouvrages de protection des zones urbaines : front de mer de Soulac-sur-Mer et quartier de l’Amélie.
Vue aérienne rechargement expérimental