Stratégie locale de l’Agglomération de Rochefort Océan
Porteur du projet : CdC Rochefort Océan
Contexte
La communauté d’Agglomération Rochefort Océan (CARO), située le long du fleuve Charente, regroupe 25 communes dont 5 qui sont positionnées sur le littoral au fond du pertuis d’Antioche. Sur son territoire, des actions de lutte contre le risque de submersion marine sont menées depuis plusieurs années par la CARO au côté du Département de la Charente-Maritime. Ces actions sont réalisées en partenariat avec d’autres acteurs publics : l’État, la Région Nouvelle-Aquitaine, l’Etablissement Public Territorial du Bassin de la Charente (EPTB Charente) - porteur du Programme d’Action de Prévention d’Inondation (PAPI) « Charente & Estuaire » - et du Syndicat Intercommunautaire du Littoral Yves Châtelaillon Aix Fouras-les-Bains (SILYCAF), porteur d’un second PAPI. Depuis 2021, la CARO participe aussi à l’élaboration du PAPI d’intention du Marais de Brouage en entente avec le Communauté de Communes du bassin de Marennes. La mise en place de ces programmes d’actions a permis la constitution de Systèmes d’Endiguements (SE) autorisés sous gestion de la CARO, compétente en GEMAPI depuis le 1er août 2017.
Au-delà des ouvrages de protection contre les inondations, le littoral de la CARO présente aussi une grande diversité de faciès : marais maritimes, plages de poches, systèmes dunaires, falaises, etc. Dans le cadre de l’extension à la Charente-Maritime du diagnostic régional à l’érosion côtière de Nouvelle-Aquitaine (réalisé en 2022 par le GIP Littoral et l’OCNA), des dynamiques d’érosion ont été identifiées sur le trait de côte de la CARO.
C’est dans ce contexte que la CARO, en tant qu’autorité gemapienne, et en partenariat étroit avec les communes littorales et le Département de la Charente-Maritime, a lancé en 2023 une étude pour l’élaboration de sa stratégie locale. Cette étude visait plusieurs objectifs :
-Avoir une vision globale et un cadre de gestion cohérent de l’érosion côtière en lien avec la submersion marine.
-Assurer la coordination et le partage des objectifs stratégiques avec les communes.
-Définir progressivement les rôles des acteurs publics et privés dans la mise en œuvre d’un programme d’actions.
Descriptif et état d’avancement du projet
L’élaboration de la SLGBC a reposé sur la réalisation d’une succession d’étapes techniques et stratégiques. Les éléments techniques produits par la CARO sont compatibles avec les exigences du cahier des charges régional pour l’élaboration des stratégies locales, et comprennent donc :
-Un diagnostic du fonctionnement du littoral, de l’aléa érosion et des enjeux dont la valeur économique est chiffrée.
-Une identification et hiérarchisation des secteurs à enjeux au regard des risques identifiés.
-Une définition partagée des objectifs territoriaux.
-Une Analyse Coûts/Avantages (ACA) et une Analyse Multicritères (AMC), qui ont permis d’évaluer sur les différents secteurs à enjeux, les conséquences de plusieurs scénarios de gestion qui permettront de justifier de façon quantitative et qualitative les choix réalisés par la collectivité.
-Un programme d’actions rédigé en 8 axes, permettant de décliner les scénarios de gestion retenus en fonction des secteurs à enjeux en actions opérationnelles dans l’ensemble des champs de la prévention des risques.
Le diagnostic du fonctionnement du littoral de la CARO a permis d’obtenir une description générale du littoral (contexte géomorphologique, facteurs hydrodynamiques, etc.). En complément, notamment grâce à des visites de terrain, un diagnostic a été réalisé sur les ouvrages existants, permettant d’avoir une analyse complète de leurs rôles et des désordres. Ces éléments de diagnostic ont permis d’appréhender sur la base de ce fonctionnement, les aléas littoraux et les enjeux rencontrés pour définir la vulnérabilité à l’érosion côtière du littoral (côtes à falaises et côtes meubles) et plus précisément de définir les secteurs à enjeux.
En parallèle de la réalisation du diagnostic, une quinzaine d’entretiens avec les communes et les partenaires institutionnels et techniques ont été réalisés afin de connaître à la fois les interventions menées en régie par les communes sur le littoral mais aussi la perception et les attentes de l’ensemble des futurs acteurs de la stratégie locale. Une importance particulière a été donnée à l'implication des acteurs locaux dans le processus de définition de la stratégie : des réunions bilatérales avec les communes ont été organisées à chaque étape (diagnostic, mise au point des scénarios et comparaison/évaluation des scénarios). L’articulation avec les projets réalisés ou en cours de réalisation a aussi été mise en avant afin de coordonner les actions de gestion déjà menées sur le territoire (à titre d’exemples – liste non exhaustive – réaménagement de la Pointe de la Fumée, valorisation du Marais de Brouage, réaménagement durable de Port-des-Barques – Île Madame).
Sur les 24 secteurs identifiés vulnérables à l’érosion, tous n’ont pas fait l’objet d’une comparaison et d’évaluation des scénarios, puisque certains bénéficient déjà d’un cadre de gestion existant, ou relèvent d’un mode de gestion prédéfini (cadre régional) au regard de leur typologie d’enjeux (zones naturelles = accompagnement des processus naturels, suivi des sites, etc.). Des actions de gestion ont alors été directement intégrées dans le programme.
Pour les autres sites (10 secteurs) à contrario, il a été nécessaire de définir les modes de gestion potentiels et de les comparer. 3 scénarios ont alors été étudiés sur la base du scénario de référence (S0 – l’inaction / effacement des ouvrages et aucune action de gestion) : le scénario de repli stratégique (S1), le scénario S2 de gestion au fil de l’eau (entretien courant des ouvrages existants), et le scénario S3 de lutte active souple ou dure (rechargement massif, entretien ou remise à neuf des ouvrages existants). Dans l’ensemble, les scénarios de gestion retenus sur les 10 secteurs étudiés sont en cohérence avec les objectifs territoriaux de la CARO ainsi que le principe d’intervention défini en appui de l’arbre de décision.
Au regard du nombre de secteurs étudiés, il a été proposé une hiérarchisation des interventions en fonction de leur sensibilité à l’érosion définie dans le cadre du diagnostic, de l’arbre de décision en lien avec les objectifs territoriaux ainsi que de l’état de la protection naturelle ou artificielle existante.
Pour finir, le premier programme d’actions couvre la période 2026-2031 et totalise un coût de 8,6M€ HT. L’axe 7 représente les coûts estimatifs les plus importants aux regards des choix de gestion et de la hiérarchisation des secteurs.
Les opérations majeures identifiées sont :
-Déploiement de plusieurs stations CoastSnap sur le littoral de la CARO, et lancement d’actions de communication associées à la submersion marine.
-Mise en œuvre d’un observatoire local pour le suivi du trait de côte.
-Régularisation des ouvrages relevant de l’intérêt général.
-Elaboration du Plan de Gestion des Sédiments.
-Programmation de l’entretien des ouvrages.
-Etudes de maîtrise d’œuvre sur les secteurs prioritaires : Jamblet (Île d’Aix), falaise de l’avenue de l’Île Madame (Ports-des-Barques) et Pointe de la Fumée (Fourras-les-Bains).
Enfin, pour pérenniser les échanges partenariaux établis dans le cadre de l’élaboration de la stratégie locale, des comités de pilotage et techniques seront organisés pour suivre la mise œuvre du programme d’actions avec l’ensemble des parties prenantes.
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