De l’ADS aux « Projets d’adaptation des territoires littoraux » : une démarche qui évolue pour accompagner les transformations du littoral

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Depuis plus de dix ans, le GIP Littoral accompagne les collectivités de Nouvelle-Aquitaine dans la transformation et l’adaptation de leurs territoires à travers la démarche d’Aménagement durable des stations et territoires touristiques littoraux (ADS). Le dispositif évolue aujourd’hui pour mieux intégrer les enjeux économiques, fonciers, d’habitat et de recomposition spatiale. Le Conseil d’administration du GIP Littoral du 7 juillet 2026 a ainsi validé son évolution et sa nouvelle dénomination : « Projet d’adaptation des territoires littoraux ».

Une démarche née pour accompagner la transformation des stations et territoires littoraux

La démarche ADS trouve son origine au début des années 2010, dans le prolongement de l’Étude prospective sur le tourisme menée par le GIP Littoral. Si les stations historiques issues de la MIACA constituaient naturellement un enjeu important de cette réflexion, le dispositif a dès l’origine été pensé plus largement pour l’ensemble des territoires littoraux confrontés aux transformations climatiques, environnementales, urbaines et sociétales, en mobilisant les principes d’aménagement et de gestion durable.

En 2013, cette ambition prend une forme opérationnelle avec le lancement d’un premier appel à candidatures et la sélection de trois territoires pilotes. L’objectif est alors d’expérimenter une méthode reposant sur un diagnostic territorial approfondi puis sur l’élaboration d’une stratégie d’aménagement à court, moyen et long terme. À partir de 2015, la démarche est progressivement déployée à l’échelle du littoral régional. Cette approche intégrée permet de croiser les enjeux d’urbanisme, de tourisme, de mobilités, d’environnement et d’aménagement pour élaborer des stratégies adaptées aux spécificités de chaque territoire.

Une démarche désormais largement déployée sur le littoral régional

Entre 2015 et 2020, le dispositif monte progressivement en puissance. Au total, 17 démarches ont été engagées, représentant 22 communes littorales. L’ADS devient ainsi l’un des outils structurants de l’accompagnement des collectivités par le GIP Littoral.

Cette dynamique s’est traduite par de nombreuses opérations concrètes : requalification d’espaces publics, réaménagement de plages et de fronts de mer, développement des mobilités, études sur l’habitat touristique, renaturation ou encore premiers projets de recomposition spatiale. Le bilan présenté au Conseil d’administration souligne un niveau de réinvestissement de l’ordre de 10 millions d’euros par an dans les territoires concernés.

Pourquoi faire évoluer la démarche aujourd’hui ?

L’évaluation du dispositif a confirmé sa capacité à mobiliser les collectivités et à générer des projets structurants. Elle a également mis en évidence plusieurs sujets qui doivent désormais être davantage intégrés.

Le premier concerne la place des acteurs économiques. Les démarches ont jusqu’à présent principalement mobilisé les collectivités et les acteurs institutionnels. Or les transformations attendues du littoral concernent directement les entreprises et les filières qui participent au fonctionnement des territoires. Le futur cadre prévoit donc de renforcer, dès la candidature et tout au long de la démarche, les temps de concertation et d’échange avec ces acteurs.

Cette évolution s’accompagne d’une volonté de mieux prendre en compte la diversité des filières présentes sur le littoral. La notion de « station », historiquement très liée au tourisme balnéaire, ne reflète pas toujours la réalité de territoires dans lesquels les activités maritimes, la conchyliculture, la plaisance ou d’autres filières occupent une place déterminante.

Il s’agit également de renforcer les expertises mobilisées. Au-delà du diagnostic touristique et urbain, les collectivités doivent pouvoir disposer d’un accompagnement sur les questions d’habitat, de modèles économiques, de foncier, de montage opérationnel ou encore de faisabilité juridique, afin de mieux préparer la mise en œuvre des projets.

Faire de la démarche un cadre pour préparer la recomposition des territoires

L’autre évolution majeure concerne la recomposition spatiale face au recul du trait de côte. Les réflexions conduites dans le cadre de la feuille de route Littoral 2030 ont montré la nécessité de mieux articuler les stratégies locales de gestion de la bande côtière et les projets d’aménagement. La gestion de l’érosion et la transformation du territoire doivent en effet être pensées conjointement, dans des temporalités parfois très longues.

Les travaux récents ont également montré qu’il n’existe pas aujourd’hui de méthodologie unique pour conduire une étude de recomposition. Or la démarche ADS offre déjà plusieurs des briques nécessaires : un diagnostic territorial partagé, une approche transversale, une capacité à croiser différentes temporalités et à hiérarchiser les interventions. Le GIP Littoral souhaite donc davantage s’appuyer sur ce cadre pour accompagner les études de recomposition, tout en renforçant les compétences nécessaires en matière de montage opérationnel, de réglementation et de trajectoires d’adaptation à long terme. Cette évolution permettra notamment de mieux articuler les projets d’aménagement avec les stratégies locales de gestion du trait de côte et d’intégrer, lorsque cela est nécessaire, des horizons de réflexion allant au-delà des feuilles de route opérationnelles habituelles.

Des ADS aux « Projets d’adaptation des territoires littoraux »

Ces évolutions ne remettent pas en cause les fondamentaux de la démarche : une construction partenariale, fondée sur une volonté locale, permettant de croiser les multiples enjeux auxquels les territoires littoraux sont confrontés. Elles traduisent en revanche un élargissement progressif de son champ : du renouvellement des stations touristiques à l’adaptation globale des territoires littoraux au changement climatique, à leurs mutations économiques et aux enjeux de recomposition.

La nouvelle dénomination de « Projet d’adaptation des territoires littoraux » traduit cette ambition. Elle permet de dépasser la seule référence à la « station », de mieux refléter la diversité des territoires concernés et de positionner la démarche comme un cadre transversal au service de leurs trajectoires d’adaptation.