Adaptation des territoires littoraux
La démarche Adaptation des Territoires Littoraux (anciennement intitulée Aménagement Durable des Stations - ADS) permet aux collectivités littorales de bénéficier d’un cadre d’accompagnement pour encadrer leur développement futur et définir une vision stratégique. En proposant une planification dans le temps et dans l’espace des actions à engager, c’est la mise en œuvre d’un projet d’aménagement cohérent et durable qui est recherchée.
C’est sur cette base que le GIP Littoral a lancé début 2013 un premier appel à candidature pour travailler sur l’évolution et l’adaptation des stations et territoires touristiques. Cet appel à candidatures a permis d’identifier trois territoires tests aux enjeux complémentaires : les communes d’Audenge et de Bidart ainsi que la communauté de communes de Mimizan. L'opération ADS a porté sur la réalisation de trois études de programmation sur chacun des sites tests. Après avoir révélé les enjeux et les périmètres d’intervention prioritaires, le livrable final de ces études permet d'encadrer le développement futur de chaque station et définit une vision stratégique proposant une planification dans le temps et dans l’espace des actions à engager afin de mettre en œuvre un projet d’aménagement cohérent et durable.
A l'issue de cette expérimentation, le Conseil d’administration du GIP Littoral a souhaité en 2015 généraliser la démarche et proposer aux collectivités littorales un cadre de référence pour la modernisation et l’adaptation des stations et territoires touristiques du littoral. Les territoires qui souhaitent bénéficier d'un accompagnement à la définition de leur projet d'aménagement durable et enclencher un mouvement en profondeur d'adaptation de leurs territoires peuvent ainsi répondre à l'appel à candidatures. Aujourd'hui, ce sont 17 démarches qui sont engagées, dont 9 qui sont entrées dans des phases opérationnelles :
- la commune de Lacanau en Gironde, la commune de Seignosse dans les Landes et un groupement constitué des communes de Guéthary et Saint Jean de Luz en 2016
- la commune de Soustons et un groupement des communes Carcans-Hourtin en 2017
- la commune de Moliets et Maa en 2018
- la commune de Saint-Palais-sur-Mer et un groupement de 4 communes dans le Nord Médoc en 2020
- les communes de Montalivet, de Biscarrosse, de Lège-Cap-Ferret et des Mathes-La-Palmyre en 2021
- la commune de Saint-Georges-de-Didonne en 2022
- la commune de La Tremblade en 2023
En 2026, les membres du GIP Littoral valident une évolution de la démarche
L’évaluation du dispositif a confirmé sa capacité à mobiliser les collectivités et à générer des projets structurants. Elle a également mis en évidence plusieurs sujets qui doivent désormais être davantage intégrés.
Le premier concerne la place des acteurs économiques. Les démarches ont jusqu’à présent principalement mobilisé les collectivités et les acteurs institutionnels. Or les transformations attendues du littoral concernent directement les entreprises et les filières qui participent au fonctionnement des territoires. Le futur cadre prévoit donc de renforcer, dès la candidature et tout au long de la démarche, les temps de concertation et d’échange avec ces acteurs.
Cette évolution s’accompagne d’une volonté de mieux prendre en compte la diversité des filières présentes sur le littoral. La notion de « station », historiquement très liée au tourisme balnéaire, ne reflète pas toujours la réalité de territoires dans lesquels les activités maritimes, la conchyliculture, la plaisance ou d’autres filières occupent une place déterminante.
Il s’agit également de renforcer les expertises mobilisées. Au-delà du diagnostic touristique et urbain, les collectivités doivent pouvoir disposer d’un accompagnement sur les questions d’habitat, de modèles économiques, de foncier, de montage opérationnel ou encore de faisabilité juridique, afin de mieux préparer la mise en œuvre des projets.
Faire de la démarche un cadre pour préparer la recomposition des territoires
L’autre évolution majeure concerne la recomposition spatiale face au recul du trait de côte. Les réflexions conduites dans le cadre de la feuille de route Littoral 2030 ont montré la nécessité de mieux articuler les stratégies locales de gestion de la bande côtière et les projets d’aménagement. La gestion de l’érosion et la transformation du territoire doivent en effet être pensées conjointement, dans des temporalités parfois très longues.
Les travaux récents ont également montré qu’il n’existe pas aujourd’hui de méthodologie unique pour conduire une étude de recomposition. Or la démarche ADS offre déjà plusieurs des briques nécessaires : un diagnostic territorial partagé, une approche transversale, une capacité à croiser différentes temporalités et à hiérarchiser les interventions. Le GIP Littoral souhaite donc davantage s’appuyer sur ce cadre pour accompagner les études de recomposition, tout en renforçant les compétences nécessaires en matière de montage opérationnel, de réglementation et de trajectoires d’adaptation à long terme. Cette évolution permettra notamment de mieux articuler les projets d’aménagement avec les stratégies locales de gestion du trait de côte et d’intégrer, lorsque cela est nécessaire, des horizons de réflexion allant au-delà des feuilles de route opérationnelles habituelles.
Des ADS aux « Projets d’adaptation des territoires littoraux »
Ces évolutions ne remettent pas en cause les fondamentaux de la démarche : une construction partenariale, fondée sur une volonté locale, permettant de croiser les multiples enjeux auxquels les territoires littoraux sont confrontés. Elles traduisent en revanche un élargissement progressif de son champ : du renouvellement des stations touristiques à l’adaptation globale des territoires littoraux au changement climatique, à leurs mutations économiques et aux enjeux de recomposition.
La nouvelle dénomination de « Projet d’adaptation des territoires littoraux » traduit cette ambition. Elle permet de dépasser la seule référence à la « station », de mieux refléter la diversité des territoires concernés et de positionner la démarche comme un cadre transversal au service de leurs trajectoires d’adaptation.
Illustrations de réalisations opérationnelles dans le cadre de démarches ADS
- Bidart : aménagement en 2018 d’une voie verte de 6 km le long du fleuve Uhabia permettant de connecter secteurs résidentiels, touristiques, plage et centre bourg
- Lacanau : réaménagement des allées commerçantes de la Ville océane (travaux 2023/2024), désimperméabilisation et renaturation de la Promenade sud (2024/2025)
- Soustons : réaménagement du secteur lacustre du Port d’Albret en 2022
- Seignosse : réaménagement de la Plage des Bourdaines en 2023/2024
- Moliets-et-Mâa : transformation du cœur de la station balnéaire sur 2023/2025
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