Le GIP Littoral a participé aux journées techniques organisées par France Digues
Le GIP Littoral a participé aux journées techniques maritimes organisées par France Digues, rassemblant des acteurs du littoral de toute la France. Pendant deux jours, les participants ont alterné temps d’échanges en salle et visites de terrain afin de partager leurs expériences, leurs questionnements et leurs pratiques face aux risques de submersion marine, d’érosion du trait de côte et d’adaptation au changement climatique.
Ces journées avaient pour objectif de mieux comprendre le quotidien des gestionnaires d’ouvrages de protection en contexte maritime et d’interroger la place de ces ouvrages dans une stratégie plus large de gestion intégrée des risques littoraux. Dans un contexte de montée du niveau de la mer et d’évolution du trait de côte, les échanges ont porté sur les arbitrages à conduire entre protection, adaptation et renaturation.
La première journée a permis de partager plusieurs retours d’expérience sur la gestion des systèmes d’endiguement et des ouvrages littoraux. Les discussions ont notamment porté sur le cadre réglementaire, la compétence GEMAPI, la régularisation des systèmes d’endiguement, la maîtrise foncière sur le domaine public maritime.
Les participants ont également échangé sur les outils mobilisés en routine et en période de crise : dispositifs de prévision, modélisation des risques, organisation interne, surveillance des ouvrages, visites techniques approfondies. Ces éléments sont essentiels pour anticiper les événements tempétueux et renforcer la capacité des territoires à gérer les situations d’urgence.
L’exemple du Pays Basque a permis d’illustrer les actions portées en Nouvelle-Aquitaine en matière de stratégie locale, véritable outil de gestion. Cette stratégie a notamment permis d’évaluer les risques d’érosion côtière, et localement de submersion marine, à l’horizon 2043, puis de comparer différents scénarios de gestion afin de formaliser des choix d’action pour lutter contre le recul du trait de côte ou s’y adapter. Le retour d’expérience partagé sur Saint-Jean-de-Luz, notamment autour du secteur d’Erromardie a montré comment un territoire peut imaginer son adaptation face aux risques. À l’horizon des trente prochaines années, la question d’une possible relocalisation des campings situés à proximité immédiate de la plage est posée, avec comme conséquence le démantèlement possible d’un ouvrage dans la perspective d’une renaturation du littoral.
La deuxième journée a été consacrée à des visites de sites, permettant d’observer concrètement l’articulation entre érosion côtière et submersion marine. Ces visites ont également mis en évidence les difficultés spécifiques rencontrées sur les territoires insulaires, notamment lorsqu’il s’agit d’engager des démarches de relocalisation ou de recomposition spatiale.
Les participants ont notamment abordé la réfection du perré des Homardiers, à la suite des travaux d’urgence engagés lors de la tempête Céline. Cette visite a permis d’échanger sur les impacts des tempêtes et sur le niveau de protection attendu. Depuis la plage de la Guérinière, les discussions ont également porté sur la dynamique sédimentaire autour de l’île et sur la gestion des épis.
Les visites ont aussi permis de présenter le rôle des portes anti-submersion au niveau des trois étiers dans la protection globale de l’île, ainsi que l’apport de l’observatoire du littoral dans le suivi du trait de côte et des cordons dunaires.
Ces journées techniques ont confirmé l’importance de croiser les approches réglementaires, techniques, opérationnelles et prospectives. Elles ont également rappelé que la gestion du risque passe par une combinaison de modes de gestion (lutte active dure et souple, solutions fondées sur la nature,..) qui doit s’inscrire dans le temps.