Adaptation des territoires littoraux : le GIP Littoral partage l’expérience de la Nouvelle-Aquitaine avec les services de l’État
Le 13 octobre 2026, le GIP Littoral est intervenu dans le cadre d’une formation consacrée à la gestion intégrée de la bande côtière dans un contexte d’adaptation au changement climatique. Organisée par le CVRH de Nantes, dans les locaux de la DGALN à La Défense, cette formation à destination des services de l’Etat (DDTM), a permis de croiser les approches scientifiques, techniques et opérationnelles pour accompagner les territoires littoraux dans leur adaptation aux effets du changement climatique.
Une approche transversale de la gestion et de l’adaptation du littoral
Durant trois journées, les participants ont bénéficié des interventions de plusieurs organismes et experts nationaux : l’Université de Caen, le BRGM et le Cerema sur la connaissance des phénomènes littoraux, les outils d’observation et les méthodes d’élaboration des stratégies locales ; les services de l’État sur les dispositifs réglementaires, fonciers et financiers ; ainsi que des intervenants spécialisés sur les Solutions fondées sur la Nature et les programmes d’accompagnement des territoires.
Dans ce cadre, l’intervention du GIP Littoral, le 13 octobre, avait vocation à apporter une dimension territoriale et opérationnelle, en présentant les politiques engagées en Nouvelle-Aquitaine et les enseignements tirés de leur mise en œuvre auprès des collectivités.
Des stratégies locales de gestion de la bande côtière renouvelées pour intégrer les enjeux du changement climatique
Le GIP Littoral a tout d’abord partagé l’expérience acquise en Nouvelle-Aquitaine dans l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies locales de gestion de la bande côtière, déployées depuis plus d’une décennie en partenariat avec les collectivités et les acteurs régionaux (accompagnement technique sur 14 stratégies locales en 2026).
Cette intervention a également été l’occasion de présenter les évolutions méthodologiques apportées dans le cadre de la révision du Guide de l’action locale (brique de la stratégie régionale de gestion de la bande côtière), qui accompagne le renouvellement des stratégies locales. Cette révision vise notamment à mieux intégrer les conséquences du changement climatique, à renforcer l’anticipation des transformations territoriales et à prendre en compte les évolutions réglementaires intervenues ces dernières années, notamment celles liées à la compétence GEMAPI et à la loi Climat et Résilience.
Au-delà de la définition des modes de gestion de l’érosion, cette nouvelle approche vise à mieux articuler gestion des risques, aménagement et planification, tout en renforçant la gouvernance locale et favorisant l’accompagnement au changement.
Construire des trajectoires d’adaptation : articuler gestion des risques, projet de territoire et planification
À partir de l’expérience néo-aquitaine, le GIP Littoral a souligné la nécessité de dépasser une approche centrée sur la seule gestion du trait de côte pour construire de véritables trajectoires d’adaptation intégrant les transformations à anticiper à moyen et long termes.
Cette approche repose sur l’articulation de trois composantes complémentaires :
• Une stratégie locale de gestion de la bande côtière, permettant de définir les choix de gestion de l’érosion à moyen terme et de combiner les différents modes d’intervention.
• Un projet d’adaptation du territoire, traduisant ces orientations dans une vision territoriale à moyen et long termes, intégrant les enjeux d’aménagement, de mobilités, d’activités économiques et d’usages.
• Une traduction dans les documents de planification et d’urbanisme, permettant d’inscrire spatialement et dans la durée les choix d’adaptation, d’anticiper les besoins fonciers, de préserver les possibilités de recomposition spatiale et d’organiser progressivement les transformations du territoire.
L’enjeu est ainsi de construire une trajectoire cohérente, permettant de répondre aux risques actuels tout en préparant les évolutions futures des espaces littoraux.
Des retours d’expérience pour illustrer les enjeux de la recomposition spatiale
Les démarches engagées à Lacanau, Biscarrosse et Saint-Jean-de-Luz ont permis d’illustrer concrètement cette articulation entre gestion des risques, adaptation des territoires et aménagement.
Ces exemples ont notamment été mobilisés pour présenter les différentes étapes de construction des projets de recomposition spatiale, les difficultés opérationnelles rencontrées et les conditions nécessaires à leur mise en œuvre : gouvernance, mobilisation du foncier, financement, évolution des usages et articulation des différentes temporalités de l’action publique.
Ils ont également permis de souligner l’importance d’anticiper les transformations avant que l’urgence liée à l’érosion ne réduise les marges de manœuvre des collectivités.
Capitaliser et partager les expériences entre territoires
Cette participation s’inscrit pleinement dans les missions du GIP Littoral en matière de capitalisation, de mise en réseau et de diffusion des enseignements issus des projets conduits en Nouvelle-Aquitaine, au service d’une meilleure anticipation des transformations des territoires littoraux.