Conférence débat « Nouvelle-Aquitaine : quand l’océan menace nos villes »
Dans le cadre de la Semaine de « Culture Scientifique et Technique », organisée par les étudiants du master 2 Médiation et communication des sciences et des techniques de l’Université Bordeaux Montaigne, membres de l’association Dealers de Science, une conférence-débat intitulée « Nouvelle-Aquitaine : quand l’océan menace nos villes » s’est tenue le mardi 20 janvier 2026, de 18h à 20h30.
Depuis une dizaine d’années, l’association Dealers de Science œuvre à la conception et à la réalisation de projets de médiation scientifique au sein de la métropole bordelaise.
La conférence a réuni trois intervenants aux profils pluridisciplinaires pour débattre du recul du trait de côte en Nouvelle-Aquitaine et de ses impacts socio-économiques et environnementaux:
• Bruno Castelle, océanographe physicien, directeur de recherche CNRS (EPOC, Université de Bordeaux),
• Gaël Perrochon, chargé de mission risques littoraux au GIP Littoral Nouvelle-Aquitaine,
• Solange Pupier, géographe, maîtresse de conférences à l’Université Bordeaux Montaigne (unité de recherche Passages).
Cette rencontre a mis en lumière le rôle essentiel de la science comme appui aux collectivités, à la fois pour poser des diagnostics (à partir de l’étude du trait de côte passé afin d’envisager son évolution future) et pour nourrir une discussion éclairée sur les choix d’aménagement. Les sciences humaines et sociales, et en particulier l’analyse psychosociologique, ont également été mobilisées pour mieux comprendre la perception du risque par les habitants (entretiens auprès de propriétaires résidents principaux et secondaires).
Dans ce contexte, le GIP Littoral Nouvelle-Aquitaine a présenté ses missions d’accompagnement des politiques publiques à travers une boîte à outils : production de connaissances, animation du réseau partenarial et accompagnement des territoires dans leurs stratégies d’adaptation en appuie sur des cadres régionaux d’intervention (stratégie régionale de gestion de la bande côtière, aménagement durable des stations et territoires touristiques, aménagement durable des plages, espaces naturels fréquentés, accompagnement des démarches de planification). Plus précisément, les données chiffrées issues de l’étude de sensibilité réalisée dans le cadre de la stratégie régionale de gestion de la bande côtière ont notamment été partagées. Elles soulignent qu’à l’horizon 2050, près de 6 000 logements pourraient être concernés en l’absence de poursuite des modes de gestion. Le coût de l’inaction est documenté : un euro investi correspond à trois euros de dommages évités.
Un état d’avancement des actions régionales a également été présenté : 14 stratégies locales de gestion de la bande côtière sont actuellement engagées, avec des réponses adaptées aux spécificités des territoires, allant de la gestion souple à la protection, jusqu’au repli stratégique. Plusieurs exemples concrets ont illustré ces démarches, notamment :
• L’île d’Oléron, avec une approche croisée des risques reposant sur un atlas cartographique détaillant les types d’aléas (érosion, submersion, érosion entraînant submersion),
• Lacanau, engagée dans une trajectoire d’adaptation issue de démarches croisées (stratégie locale de gestion de la bande côtière précisée par une démarche en matière d’aménagement durable), aujourd’hui contractualisée d’un Projet Partenarial d’Aménagement.
Les présentations ont donné lieu à de nombreuses questions et échanges avec le public, témoignant d’un fort intérêt pour ces enjeux littoraux et pour le dialogue entre sciences, territoires et société.