Accès aux plages

L’amélioration de l’accès aux plages constitue aujourd’hui un défi majeur à relever pour les collectivités littorales qui cherchent à concilier fréquentation et préservation de l’environnement, sécurité des personnes, amélioration du niveau de service et de confort.

Depuis 2010, les opérations de réaménagement des plages se sont multipliées en Nouvelle-Aquitaine. Reconnues comme prioritaires par le partenariat littoral réuni au sein du GIP littoral au regard de leur rôle dans la destination, les plages représentent aussi un enjeu territorial majeur. Pour répondre aux attentes de l’ensemble des usagers, il est devenu nécessaire de renouveler et de repenser le fonctionnement de ces espaces naturels et fragiles, aménagés dans les  années 80. Les modes d’accès et la proposition de solutions alternatives à la voiture, l’amélioration de l’offre de services au regard des usages qui s’y déploient constituent le cœur de cette politique régionale.

Les plages les plus proches des agglomérations, grands espaces de nature sauvage si caractéristiques du littoral de Nouvelle-Aquitaine, constituent des secteurs récréatifs largement plébiscités par les populations urbaines de proximité et pour certaines plages les plus proches des agglomérations, la fréquentation a aujourd’hui atteint des niveaux interrogeant la capacité d’accueil de ces espaces naturels.  

Cette problématique locale a engendré un certain nombre de questions auprès des membres du GIP : quelle est la fréquentation réelle sur les plages ? comment gérer au mieux les pics de fréquentation, voire les limiter ? peut ‘on envisager des reports d’une plage à l’autre ? Ces questions ont poussé les membres du GIP littoral a lancé une action globale poursuivant un double objectif : mesurer la fréquentation des plages d’une part ; utiliser cette donnée (et d’autres) pour développer des offres de services permettant d’optimiser la fréquentation d’autre part.

Les partenaires de ce projet sont l’ensemble des membres du GIP Littoral, accompagnés (financièrement) par l’Europe, la Région Nouvelle Aquitaine, la Caisse des Dépôts et Consignations et l’ONF. Pour réaliser les premières étapes, le GIP littoral a été accompagné par la société Ants, dont les principales compétences sont la conception de modèles prédictifs, le traitement de très grands flux de données et le développement de capteurs intelligents.

               

L'enquête "Les Bordelais et la Plage" 

Une enquête menée auprès des métropolitains a également mis en avant des habitudes très marquées des usagers de proximité (heures de départ et de retour de la plage, sites fréquentés-connus, modes d’accès…). Ainsi, les 2/3 des personnes interrogées se rendraient sur un secteur délimité entre Lège et Lacanau, et ne connaitraient finalement que peu la diversité de « l’offre plages » du territoire. Enfin, les 3/4 des personnes interrogées indiquent dans cette même enquête, avoir déjà renoncé à se rendre à la plage par crainte des embouteillages, et c’est ce qui a poussé les communes littorales à tester une offre de services innovante s’adressant en premier lieux aux clientèles de proximité en vue d’optimiser les flux vers la plage. 

Un modèle de prévision des flux pour optimiser la fréquentation des plages

Le projet, en cours de développement, part de l’idée qu’il est possible d’anticiper la fréquentation des plages au regard principalement des conditions météorologiques. Par une mesure de l’affluence en temps réel sur les plages, rendue possible par le déploiement de capteurs innovants, on dispose d’une première donnée. A partir de là, l’enjeu est de construire une information permettant à l’usager de prendre une décision adaptée à ses envies et à la période. 

Pour certains secteurs du littoral, il s’agira de pouvoir indiquer la saturation du site dans la perspective de garantir les conditions d’accueil et de sécurité optimale. Ailleurs, il s’agira de rassurer sur les possibilités d’accueil et de mettre en avant une offre méconnue. Le cas de la Plage super Sud de Lacanau est assez symbolique : beaucoup moins fréquentée que ses voisines, elle présente souvent, même au pic de la saison, une capacité d’accueil. Les plages plus au Nord du département proposent également une offre de services et de commerces méconnus.

Ce projet, en phase expérimental permettra le développement d’une offre numérique de services testée par une communauté d’usagers métropolitains. Les comportements observés (décalage des horaires de départ/d’arrivée, report de fréquentation, découverte de nouveaux sites…) permettront de penser une offre adaptée aux besoins des territoires d’accueil et des clientèles.