Conseil d'administration du 5 mars 2026
5 mars 2026
Le Conseil d'administration du GIP Littoral s’est réuni le 5 mars 2026, sous la présidence d'Henri Sabarot, Conseiller régional délégué au littoral et à la forêt du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. L'instance se tenait en visio-conférence afin que les membres du Conseil d'administration n'ayant pas pu se déplacer, en pleine campagne des municipales notamment, puissent y assister. L'Etat, la Région, et une grande majorité des Départements et intercommunalités membres étaient représentés.
Le Président a ouvert la séance en saluant l'action exemplaire des élus et de leurs équipes dans les territoires littoraux, qui ont eu, et continuent à faire face à des conditions hivernales complexes : coups de mers et coups de vents, tempêtes, pluviométrie. La séance a été organisée pour permettre un tour d'horizon et l'expression de chacun à ce sujet, en seconde partie de réunion.
L'ordre du jour du Conseil d'administration était constitué de 4 points, ayant tous amené des délibérations approuvées à l'unanimité :
- l'approbation du PV de la dernière séance,
- les comptes financiers 2025,
- la dématérialisation de la gestion de la paye,
- une première décision modificative sur le budget 2026.
La seconde partie de la réunion a porté sur les conditions hivernales et permis un point de situation en matière d'érosion côtière.
1. Impacts des tempêtes hivernales
L’hiver 2025/2026, qui n'est pas encore terminé, a déjà été marqué par plusieurs tempêtes (Alice, Goretti, Leonardo, Nils, Pedro), aggravant l’érosion côtière en Nouvelle-Aquitaine. Deux bulletins d’érosion émis par l’OCNA (vent, houle, marée haute) ont permis d’alerter les collectivités et d’anticiper la gestion de crise. Les images présentées en séance ont illustré des dégâts significatifs sur des sites emblématiques comme la plage de l’Horizon (Lège Cap-Ferret), le Trillou (Grand-Village, Oléron), la plage océane Nord de Vieux-Boucau ou le sud du littoral de Soulac. Malgré ces impacts, les travaux planifiés dans le cadre des Stratégies Locales de Gestion de la Bande Côtière (SLGBC) ont pu être réalisés, comme la pose de gabions souples à Oléron ou des rechargements mécaniques à Soulac.
2. Cas particulier de Biscarrosse
Biscarrosse a subi des reculs spectaculaires de sa falaise (jusqu’à -25 mètres au nord). Les zones reprofilées et végétalisées l’an dernier ont mieux résisté, confirmant l’efficacité des actions engagées. Ce cas illustre l’urgence climatique, mais aussi l’importance et l'efficacité des SLGBC et des projets d'Aménagement durable pour anticiper et gérer les risques, en combinant rechargements mécaniques et repli stratégique des enjeux, comme l'illustre le secteur nord du front de mer de Biscarrosse.
3. Communication et perception médiatique
Les tempêtes ont généré une couverture médiatique parfois alarmiste, focalisée sur les urgences. Le GIP Littoral répond en mettant en avant l’anticipation et les actions opérationnelles menées grâce aux SLGBC, évitant ainsi de parler de « travaux d’urgence ». L’objectif partagé en séance est de promouvoir un discours collectif et cohérent sur la gestion proactive du littoral.
4. Financement et enjeux politiques
La dernière session du CNTC a souligné l’absence de fonds dédié à l’érosion dans le Projet de Loi de Finances 2026, malgré ses demandes. Les débats ont porté sur la nécessité d’une politique nationale anticipative, face à l’élévation du niveau de la mer, et d’une solidarité nationale pour financer l’adaptation. Le coût de l’inaction a été rappelé : 1 euro investi évite 3 euros de dommages futurs. 43 communes sont inscrites sur le décret liste (février 2026), et des territoires comme Biscarrosse ou le Pays Basque avancent sur l’élaboration de ZERTC (Zones Exposées au Recul du Trait de Côte).
Le GIP participe à l’élaboration d’un guide méthodologique national sur les SLGBC par le CEREMA. En parallèle, il révisera son propre guide de l’action locale (prévu fin 2026) pour l’adapter à la loi Climat et Résilience (2021) et aux besoins des territoires. L’objectif est d’assurer la cohérence entre la Stratégie Nationale de Gestion Intégrée du Trait de Côte (SNGITC) et la Stratégie Régionale (SRGBC).
En synthèse : Malgré des tempêtes fréquentes et des impacts visibles, la Nouvelle-Aquitaine montre une résilience réelle grâce à l’anticipation organisée notamment dans le cadre des SLGBC, et à une gouvernance partenariale efficace.